
Description
De quoi la Palestine est-elle le nom ? se demandait Alain Gresh, journaliste et spécialiste du Proche Orient... Sans aucun doute celui de la dernière grande question coloniale non résolue. Dans le monde entier, la Palestine incarne un conflit déjà bien ancien, clivant, suscitant émois et oppositions irréconciliables.
Si le sionisme est un des éléments de cette histoire, il ne saurait pourtant à lui seul expliquer le destin de la Palestine et le sort des Palestiniens tout comme la création, en 1948, de l’Etat d’Israël ne pourrait incarner le prologue de leur récit national.
Alors, comment au fil de l’Histoire, des temps antiques à nos jours s’est forgée l’identité palestinienne, ce sentiment d’appartenance à un peuple et à une nation fortement ancrée dans ces terres sans doute les plus disputées du monde ? Sujet passionnel par excellence, la Palestine, est, depuis plus de 75 ans au centre de l’actualité internationale et même parfois nationale. Elle ne laisse personne indifférent, mélangeant religion, archéologie et histoire, idéologie, racisme, antisémitisme et antisionisme.
De la conquête ottomane, en passant par l’occupation britannique, de la fondation de l’État d’Israël à la Nakba (catastrophe) en 1948 pour les Palestiniens, des guerres israélo-arabes, aux accords d’Oslo, puis son échec, de la colonisation de la Cisjordanie aux attaques sanglantes du 7 octobre 2023 et à la destruction de Gaza, l’histoire de la Palestine est une bombe internationale à retardement : celle du territoire le plus disputé de notre histoire contemporaine.
Comment alors raconter la Palestine et les Palestiniens ? Revenir aux fondamentaux et tirer le fil des étapes de la construction d’une identité et de la prise de conscience d’appartenir à un peuple, à une nation. Si le terme Palestine a un sens géographique, du Jourdain à la Méditerranée, indépendamment des identités nationales des peuples qui y vivent, il a également un sens politique défini par un groupe nationale essentiellement arabophone et majoritairement musulman. Confondre les deux n’aurait aucun sens.

